«Les parents ne sont pas là pour conduire leurs enfants au cimetière ». Cette cruelle évidence énoncée par Me Bénichou illustre la lourdeur de l'audience qui s'est tenue hier au tribunal correctionnel de Vienne. À la barre, deux prévenus : un apprenti plombier de 18 ans, habitant à Châtonnay, et une étudiante en gestion de 24 ans, résidant à Saint-Jean-de-Bournay. Dans la nuit du 25 au 26 juillet, ils étaient chacun au volant d'un véhicule, sur le CD 502 à Saint-Jean-de-Bournay. Vers 0h 20, à la sortie d'un virage, les deux voitures se sont violemment percutées. Le passager de la 206 conduite par le jeune homme est mort sur le coup. Jérémy avait 18 ans. Une semaine plus tard, Mathilde, passagère arrière de 17 ans, décédait après plusieurs jours de coma. Quant au conducteur, il est sorti indemne de l'épave, et la quatrième occupante a été blessée. Hier, elle était dans la salle d'audience, aux côtés de nombreux proches des victimes et du prévenu. Car tous étaient copains.
« Nous ne sommes que des enfants »
« J'ai perdu mon petit ami et ma meilleure amie. J'ai failli mourir. Mais je n'en veux pas à Jonathan, qui conduisait. C'est la gentillesse incarnée, un garçon remarquable. C'est la dernière personne à laquelle je me raccroche. Nous ne sommes que des enfants. Surmonter une telle épreuve est déjà trop difficile à notre âge, ne lui infligez pas de la prison ferme » a écrit la jeune femme dans un courrier lu par la magistrate qui menait les débats.
Poursuivi pour homicides involontaires et conduite sous l'emprise de l'alcool car il roulait avec 0,96 g Jonathan s'est d'abord excusé pour la peine qu'il a causée. Puis il a tenté de refaire le film de la funeste soirée. Il a évoqué les sept verres de bière bus à un concours de pétanque auquel il participait à Saint-Jean, entre 19 heures et minuit, avec son "pote" Jérémy. Il a précisé qu'il avait pris la route de la vogue de Châtonnay, à la demande de ses trois camarades qui eux, n'avaient pas le permis. Puis il a parlé de cette fraction de seconde pendant laquelle tout a basculé. La voiture a légèrement mordu sur l'accotement droit. Sur l'herbe mouillée, il a perdu son contrôle, au point qu'elle s'est déportée sur la voie de gauche, où circulait l'autre automobiliste. Le choc a été très violent.
Hier, il s'agissait de tenter de comprendre l'inconcevable. Les échanges ont beaucoup tourné autour de cette consommation d'alcool.
« Vous savez qu'il ne faut pas boire quand on conduit ! Détenteur du permis depuis quatre mois, vous n'avez pas pu échapper aux messages de la prévention routière » s'est indignée la juge. « Je me sentais bien, je n'avais pas l'impression d'être en état d'ébriété » a répondu le garçon.
Quant à l'autre accusée, elle n'était pas poursuivie pour les homicides mais pour avoir roulé après consommé du cannabis. « La drogue peut perturber la perception des distances » a aussi insisté la magistrate.
Évoquant « le terrible sentiment de culpabilité qui pèsera toujours sur lui », l'avocat de Jonathan a plaidé que l'alcool n'était peut-être pas la seule cause de l'accident. Il a cité la dangerosité reconnue de la route ainsi que les mauvaises conditions météorologiques.
Sophie GIRARD
Paru dans l'édition 38C du 22/08/2008 (40998)
« Nous ne sommes que des enfants »
« J'ai perdu mon petit ami et ma meilleure amie. J'ai failli mourir. Mais je n'en veux pas à Jonathan, qui conduisait. C'est la gentillesse incarnée, un garçon remarquable. C'est la dernière personne à laquelle je me raccroche. Nous ne sommes que des enfants. Surmonter une telle épreuve est déjà trop difficile à notre âge, ne lui infligez pas de la prison ferme » a écrit la jeune femme dans un courrier lu par la magistrate qui menait les débats.
Poursuivi pour homicides involontaires et conduite sous l'emprise de l'alcool car il roulait avec 0,96 g Jonathan s'est d'abord excusé pour la peine qu'il a causée. Puis il a tenté de refaire le film de la funeste soirée. Il a évoqué les sept verres de bière bus à un concours de pétanque auquel il participait à Saint-Jean, entre 19 heures et minuit, avec son "pote" Jérémy. Il a précisé qu'il avait pris la route de la vogue de Châtonnay, à la demande de ses trois camarades qui eux, n'avaient pas le permis. Puis il a parlé de cette fraction de seconde pendant laquelle tout a basculé. La voiture a légèrement mordu sur l'accotement droit. Sur l'herbe mouillée, il a perdu son contrôle, au point qu'elle s'est déportée sur la voie de gauche, où circulait l'autre automobiliste. Le choc a été très violent.
Hier, il s'agissait de tenter de comprendre l'inconcevable. Les échanges ont beaucoup tourné autour de cette consommation d'alcool.
« Vous savez qu'il ne faut pas boire quand on conduit ! Détenteur du permis depuis quatre mois, vous n'avez pas pu échapper aux messages de la prévention routière » s'est indignée la juge. « Je me sentais bien, je n'avais pas l'impression d'être en état d'ébriété » a répondu le garçon.
Quant à l'autre accusée, elle n'était pas poursuivie pour les homicides mais pour avoir roulé après consommé du cannabis. « La drogue peut perturber la perception des distances » a aussi insisté la magistrate.
Évoquant « le terrible sentiment de culpabilité qui pèsera toujours sur lui », l'avocat de Jonathan a plaidé que l'alcool n'était peut-être pas la seule cause de l'accident. Il a cité la dangerosité reconnue de la route ainsi que les mauvaises conditions météorologiques.
Sophie GIRARD
Paru dans l'édition 38C du 22/08/2008 (40998)
Si je met cet article ce n'est pas pour enfoncer Jonathan, bien au contraire, mais tout simplement pour ouvrir les yeux de tout ce monde qui ne se rend pas compte que l'alcool aboutit à des conséquences que l'on ne veut en aucuns cas...
Pour finir, je tiens à dire à Laura, Jonathan et tout le reste des proches de ces 2 personnes devenues 2 petits anges, qu'on est tous de tout coeur avec vous, on partage votre peine mais surtout nous sommes tous impréssionnés par le courage que vous avez, alors continuez comme ça... Et surtout continuez à vivre pour eux, nous sommes persuadés que de là haut ils sont fières de vous! Bon courage....
Mathilde, Jérémy... reposez en paix et surtout veillez sur eux... Laura, Jonathan et toutes ces personnes qui vous aiment tant...



